Mardi 27 janvier 2009
2
27
/01
/Jan
/2009
23:36
Le 31 décembre 2008.
Un train file vers l'ouest. A peine ballotté par la trajectoire presque linéaire de la navette qui fuit dans la nuit, traversant l'espace avec une paisible vivacité.
Changement de piste. A mes oreilles parviennent les notes d'une voix calme, douce, apaisante. Un chant léger qui transporte tout mon être sans lui imposer le moindre mouvement.
Morlaix.
De puissants projecteurs éblouissent les grandes arches du viaduc d'une lumière sèche. Son immense silhouette se détachant sur les ombres de la nuit renvoit des flots pâlis.
Pendant un instant j'étais ailleurs, hors du temps, hors du monde.
J'ai réussi, j'ai encore capté un fragment d'éternité.
Par Polo
-
Publié dans : Trêve de rêves
2
Lundi 27 octobre 2008
1
27
/10
/Oct
/2008
20:53
Un air de jazz, une mélodie légère, une voix envoûtante. Qui parlent d'un adieu.
Ma tête oscille doucement au rythme des notes d'un piano qui pleure gentiment.
Je me laisse imprégner d'une mélancolie joyeuse, alors que je revois en mi-songe ses grands yeux verts.
Oui, j'aurais pu l'oublier, mais comment ?
J'aimais son air amusé, ses regards malicieux, sa voix de velours.
Fredonne encore pour moi, comme tu le faisais, sans plus de raison, berce-moi.
Laisse moi rêver encore un peu.
Par Polo
-
Publié dans : Trêve de rêves
5
Lundi 8 septembre 2008
1
08
/09
/Sep
/2008
20:53
Les mots se troublent, se dédoublent et se confondent. Mon regard erre quelque part entre les lignes. Mon attention tente péniblement de se fixer sur un point
d'accroche. Mais rien n'y fait, quelque soient les efforts mis en oeuvre.
Je ferme les yeux. Là, perdu dans un demi-sommeil, je me laisse bercer par les cahots, je tente de récupérer en tant soit peu de concentration, laissant les yeux
vagabonder sous les paupières closes.
En les rouvrant je les vis. Je tombai dans un regard intense, dans la profondeur de deux grands yeux bleus, nervurés de nuances de gris, soulignés de noir avec une
grande simplicité, et encadrés par un rideau de longues ondulations fauves, délicat filet rayonnant du sommet de son front.
Elle me regarde.
Je pus le voir à travers cette surface à demi réfléchissante. Elle est comme moi, elle aime observer les gens à leur insu. Et elle m'observait.
Elle me regarde, il n'est pas de doute à avoir.
Elle écarquille doucement les yeux, ouvre ses paupières toutes grandes. A croire qu'un grand étonnement s'est emparé d'elle.
Elle me regarde toujours.
Je lui souris. Elle détourne le regard vers le paysage qui défile. Le soleil levant jouant avec les nuages est d'une splendeur admirable, il est vrai.
Elle ne me regarde plus.
Puis vint le moment pour moi de partir. M'étant quelque peu éloigné, je risquai un regard en arrière. Elle était toujours là, assise près de la fenêtre.
Elle me regarde encore.
Adieu ma beauté, mon amour, ma joie, mon éphémère, mon éternelle, mon autre moi, mon reflet, mon souvenir impérissable, adieu à jamais.
Elle ne me regardera plus.
___________
Compiègne-Creil, septembre 2008
Par Polo
-
Publié dans : Trêve de rêves
2
Mardi 29 juillet 2008
2
29
/07
/Juil
/2008
22:36
Voilà typiquement le genre de phrase que je suis incapable de sortir. Et pourtant, c'est pas par manque de sincérité ou de conviction, ni par manque d'occasions (mais
ça j'en reparlerai peut être).
C'est là, ça démange, ça reste au creux de la gorge, prêt à bondir. Mais c'est particulèrement peureux un compliment.
Elles ont peur de quoi au juste, ces bonnes intentions ? Peur d'être ignorées, snobées, incomprises. Alors non, puisque c'est trop risqué, mieux vaut ne pas sortir, ça serait dommage de gâcher une
petite phrase gentille toute apprêtée.
Et son auteur ? Peur de la bafouille, d'être pataud, de passer pour un gros lourdau de bas étage. Alors non, il espère qu'un regard lui suffira.
C'est pourtant vrai qu'elle est jolie...
Par Polo
-
Publié dans : Trêve de rêves
9
Vendredi 19 octobre 2007
5
19
/10
/Oct
/2007
11:54
O vous qui ne m'avez pas vu
Vous qui avez su sans peine plonger mon coeur dans un tel émoi
Vous qui vous êtes arrêtée quelques instants sans me voir
Vous qui n'entendrez pas ma supplique
Pourvu qu'il me soit permis de contempler encore la profondeur de votre regard
Pourvu qu'il me soit permis d'admirer encore la délicate courbe de votre nez
Pourvu qu'il me soit permis de vous voir encore sourire
Pourvu qu'il me soit permis de vous suivre des yeux, et d'apprécier la légèreté de votre pas
Pourvu qu'il me soit permis de marcher un instant à vos côtés, avant que...
Avant que vous ne fuyiez vers votre vie
Avant que vous ne vous réfugiiez vers votre douce existence
Avant que vous ne me laissiez seul, n'attendant que vous
Avant que vous ne me quittiez à tout jamais
Mais puisqu'il doit en être ainsi,
Laissez-moi donc seul me languir de vous
Laissez-moi seul avec l'obsession de votre souvenir
Laissez-moi mourir de vous
Mais laissez-moi ne pas vous connaître, et garder de vous l'image de cette exquise perfection
Ne me faites pas connaître les ombres qui me feront regretter de vous avoir vue
Et demain, dès l'aube, je vous aurai oubliée
Je vous aurai oubliée comme j'ai oublié toutes ces amours d'un regard, ces amours d'un instant.
Vous aurez rejoint ces éternelles passions éphémères qui se perdent dans ma mémoire,
Comme on se perd dans l'immensité de vos yeux.
Par Polo
-
Publié dans : Trêve de rêves
17
Vendredi 21 septembre 2007
5
21
/09
/Sep
/2007
13:28
... qu'il en a oublié d'observer les nuages et de contempler les étoiles.
Ce matin.
La Nuit profitait encore quelques instants de sa présence sur Terre. Elle avait laissé en offrande au timide soleil apparaissant à l'horizon un fin voile de nuages, que l'Astre
s'empressait de magnifier des plus belles couleurs de ses premiers rayons, illuminant d'or et de pourpre le ciel en un paisible incendie.
Les premiers fragments de nuée passèrent à sa portée, il les capta et en fit des gouttes de lumière, purs joyaux étincelants sur un écrin écarlate.
La Nuit, flattée de se voir autant remerciée, céda volontiers sa place à celui qui avait su aussi bien apprécier son cadeau.
Par Polo
-
Publié dans : Trêve de rêves
11
Lâcheté comme...