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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 18:38

Un baiser sur la joue, puis un deuxième
La caresse de ta peau sur la mienne
Des éclats de ta voix
Et toi, et toi, et toi

D'un souvenir ce qu'il me reste
Un cheveu noir sur ma veste
Une voix, des images fugaces
Et toi qui t'effaces, t'effaces, t'effaces
Par Polo - Publié dans : Lettres
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Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /Juin /2008 21:45
Je marche sans but.

J'erre dans la multitude à la recherche d'un semblable, impossible à trouver dans la masse grouillante.

Hélas il apparaît que je sois seul en mon genre. Seul au monde.

Je ne me reconnais plus dans les miroirs.

J'ai changé, je le vois bien dans le regard des gens.

J'écoute avec attention l'histoire d'un homme qui ne sort pas de son frigo.

Quel dommage qu'il ne soit que fiction, j'en suis d'autant plus attristé qu'il me ressemble enfin, lui.

A quoi bon se lamenter, maintenant j'ai l'éternité pour le faire.

A défaut de frigo, je vais rejoindre ma bière, et y rester encore quelque temps.

La foule imprécise attendra.
Par Polo - Publié dans : Lettres
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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /Juin /2007 14:52
J'avais très envie de vous raconter un bref condensé de l'histoire, mais rien ne vient, enfin rien d'intéressant. Si ca vous dit vous avez un résumé .

Alors ce bouquin m'a beaucoup plu, et ce pour plein de raisons.

Déjà parce que, je dois l'admettre, ca parle un peu de sciences. Oui, malgré tout Houellebecq arrive à insérer des petites digressions de vulgarisation scientifique au fil du roman, et c'est franchement pas mal. Certes c'est un peu acide en ce qui concerne certains chercheurs, mais sa vision n'est pas dénuée d'intérêt.
J'ai beaucoup apprécié l'un des deux protagonistes, Michel, qui semble être passablement hermétique aux émotions humaines. Le genre Rei en fait. J'aime ce genre de personnage, assez vide en apparence, mais complexe dans la réalité.
Et puis j'aime l'interprétation que fait Houellebecq de l'oeuvre de Huxley, et son interprétation de l'évolution de la société contemporaine en général.
Et je dois dire que sa perspective d'avenir est de mon point de vue très intéressante.
Entre autres.

Et puis malgré quelques passages difficiles, l'ensemble de l'oeuvre est agréable à lire. Je déconseille tout de même aux personnes sensibles/facilement choquables.


Bref, si vous n'avez pas froid aux yeux, lisez-le, ca en vaut la peine.
Par Polo - Publié dans : Lettres
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Lundi 25 juin 2007 1 25 /06 /Juin /2007 16:52
Bon alors c'est officiel, je ne comprends pas l'engouement que suscite Bukowski, et je ne le comprendrais peut-être jamais.
J'ai lu sur un site Internet la "critique" de quelqu'un qui considérait Bukowski comme "le plus grand auteur américain du XXè". Rien que ca. Bah non, avec moi ca prend pas.

Alors, comme dirait Ardisson, le pitch :
Women est un récit quasiment autobiographique qui raconte la vie d'un auteur partagé entre ses deux plus grandes passions : l'alcool et les femmes, enfin le sexe surtout. Parce que des sentiments il en a pas ou très peu. Et pour changer de temps en temps, il va jouer aux courses ou assister à un match de boxe. Tout en trouvant quelques journées pour faire des lectures de ses oeuvres qui lui paient de quoi vivre, enfin surtout de quoi boire. Parce que tout est là : le récit est un interminable slalom entre le sexe et l'alcool. Alors ca tient vingt, trente pages. Mais au final, c'est lourd. De temps en temps ca lui arrive de raconter autre chose, genre un truc un peu intéressant. Mais fatalement il retombera dans ses vices.

Alors non seulement il y a des fautes évidentes dans la traduction, mais en plus de ca, comme l'activité du personnage principal est fortement limitée dans son originalité, le vocabulaire employé est [très] redondant. Et puis le style d'écriture "brut", même s'il est facile à lire, est terriblement ennuyeux par son manque de personnalité. Bukowski ne mâche pas ses mots et c'est plutôt bien, à la facon de Davy Mourier [ouah la référence], il dit "bite" quand il a envie, ca le gène pas outre mesure.
Mais au final le récit est plat, creux, vide. Il ne se passe en fin de compte pas grand-chose, les seules variables que Bukowski s'autorise sont les variétés d'alcool [bière, vin, vodka ?] et les prénoms des filles faciles qu'il trombonne [parce qu'il y a pas d'autre mot moins vulgaire]. Franchement on s'emmerde. Et pour couronner le tout, malgré une introduction un peu légère, la conclusion est complètement absente. Ca finit de manière complètement abrupte, sans plus de raison que ca n'avait commencé.

Le seul truc bien dans ce bouquin, c'est que ca fait du bien à l'ego. Parce que suivre pendant 300 pages les tribulations perverses d'un connard alcoolique doublé d'un monstrueux phallocrate, ca aide à se sentir un homme juste et bon, et c'est pas peu dire.

Bref vous l'aurez compris, je n'aime pas Bukowski. C'est mal écrit et les vides intersidéraux qui constituent le scénario sont immanquablement remplis par des histoires de beuverie et de baise.
Quand j'y repense, j'ai été dur avec Poe. Parce que pour Bukowski les mots ne sont pas assez forts
en comparaison pour exprimer ce que je ressens.

Allez, parce que je vous aime bien, et puis parce que j'ai eu cette chanson dans la tête à chaque fois que je lisais la couverture :

Vincent DelermCatégorie Bukowski

EDIT : ceci était mon 80è post.... bientôt 100 ! ^^
Par Polo - Publié dans : Lettres
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Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /Juin /2007 16:05
Alors voilà, c'est fait. J'ai enfin lu les Histoires Extraordinaires d'Edgar Poe.
Certes la traduction de Baudelaire ajoute du charme à l'oeuvre [on s'étonne que Poe n'ait connu que peu de succès en Europe, Dostoïevski excepté, en-dehors de la France... cherchez pas].
Malgré cela j'ai été passablement décu. Venant d'un tel auteur, d'une telle référence, d'une telle pointure de la littérature américaine du XIXè j'attendais mieux. Alors oui, je suppose que ces nouvelles avaient plus de poids et plus de valeur à son époque [rappel : ca fait plus de 150 ans qu'il est mort], mais certaines saillies de l'auteur ne peuvent pas me laisser sans réaction.
Je vais donc commenter point par point, enfin nouvelle par nouvelle.


Les Histoires Extraordinaires contiennent :

  • Double assassinat dans la rue Morgue
  • La lettre volée
  • Le scarabée d'or
  • Le canard au ballon
  • Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall
  • Manuscrit trouvé dans une bouteille
  • Une descente dans le Maelstrom
  • La vérité sur le cas de M.Valdemar
  • Révélation magnétique
  • Les souvenirs de M.A.Bedloe
  • Morella
  • Ligeia
  • Metzengerstein
Déjà une faute que l'on peut imputer au traducteur, c'est l'ordre des nouvelles dans le recueil. Parce que les thèmes abordés sur des nouvelles consécutives sont sensiblement les mêmes, et les histoires se ressemblent. Aussi Morella est une "oeuvre préparatoire" au texte Ligeia, qui aborde des thématiques semblables. De même on peut regrouper Double assassinat dans la rue Morgue et La lettre volée car ces deux nouvelles reprennent les mêmes personnages [mais pas la même histoire, certes], Le canard au ballon et Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall on pour thème le voyage en ballon [Private Joke : "This is an aircraft !"], Manuscrit trouvé dans une bouteille et Une descente dans le Maelstrom sont des histoires de navigation maritime, La vérité sur le cas de M.Valdemar, Révélation magnétique et Les souvenirs de M.A.Bedloe traitent d'expériences de magnétisme [même si Les souvenirs diffère des deux autres]. Les seuls récits réellement indépendants sont donc Le scarabée d'or et Metzengerstein.

Certaines choses, qui relèvent peut-être du détail mais qui ont leur importance pour moi, et que là on ne peut imputer qu'à Poe, sont assez gênantes pour la lecture, voire déstabilisantes.
Tout d'abord, le fait d'utiliser fréquemment des noms incomplets ou des dates incomplètes est quelque chose que je trouve frustrant. Ca gène passablement l'immersion dans l'histoire. Ca veut donner une espèce d'intemporalité mais en réalité écarte le lecteur du texte.
Ensuite, j'ai remarqué que Poe avait parfois le plus grand mal à conclure un texte. En règle générale la fin tombe comme une lame de guillotine sur l'intérêt du lecteur. Excessivement frustrant. J'ai même parfois eu l'impression que les textes étaient inachevés.
Enfin, un trait caractéristique de Poe c'est qu'il est fasciné par la science. Certes, mais il en a une maîtrise bien incomplète pour l'usage qu'il en fait. Alors peut-être ses abominations hérétiques passent bien pour un lecteur qui n'y connait rien de plus. Mais pour un scientifique, je vous jure que c'est dur. Surtout lu aujoud'hui. Mais j'y reviendrai plus tard.

J'avoue que ma curiosité pour l'oeuvre de Poe fut encouragée par dans un premier temps la lecture de Chroniques martiennes de Ray Bradbury [et en particulier de la nouvelle Usher II], et dans un deuxième temps par l'écoute de l'album Killers de Iron Maiden où la chanson Murders in the Rue Morgue est plus qu'inspirée de la nouvelle éponyme de Poe.

Maintenant prenons ces textes au cas par cas.

***Attention ce qui suit est un spoiler***

Double assassinat dans la rue Morgue
Le récit en lui-même est plutôt bien amené, on se laisse prendre. L'utilisation de la première personne y joue.
Par contre, la nouvelle commence par une critique ouverte (et là j'ai la conviction que ce n'est plus le narrateur qui parle mais Poe lui-même) de l'esprit analytique pur comparé à un autre système de réflexion plus instinctif. Et cette introduction prend le lecteur à témoin, prétendant que l'histoire qui suit est un exemple conjecturant ces dires. Mais je vous le dis très honnêtement : ON S'EN COGNE ! Ce texte est fastidieux, hors-sujet (ou du moins hors-récit) et absolument inutile !
Le reste de l'histoire se tient plutôt bien, malgré l'agacement que provoque un des personnages centraux avec ses airs supérieurs (ah oui j'ai oublié, Poe est un sale élitiste de merde [c'est dit] et ca se sent dans ses écrits).
Seulement, là  aussi j'ai un grand regret. En tant qu'amateur de polars, j'aime bien essayer de deviner tel ou tel truc concernant l'affaire. Sauf qu'ici, le lecteur n'a même pas la moitié des élements en main pour arriver aux conclusions de l'enquête. Très frustrant. Poe nous prive de notre matière à réfléchir pour nous prouver la supériorité de sa thèse et c'est proprement écoeurant. Dans un polar classique on vous donne tout, mais c'est le lien entre les lindices qui manque jusqu'au bout de l'histoire. Mais là, je veux bien accorder ca à Poe, cette nouvelle fut précurseur en la matière, donc je ne dirai rien. Par contre, le fait que Poe donne raison aux conclusions plus que hasardeuses de son personnage me scie. Quelle histoire absolument absurde ! Même Ionesco n'aurait pas écrit un truc pareil ! Non pas que l'histoire soit impossible à proprement parler, mais quel enchaînement improbable d'évènements encore plus improbables ! Le singe doué des mêmes capacités mentales que son maître, qui utilise un rasoir [déjà pour les humains c'est parfois dur], et qui comme de par hasard, dans sa fuite, grimpe à une chaîne, fait pirouette galipette pour arriver dans une chambre à la fenêtre ouverte, zigouille deux personnes, essaye de planquer les corps, et part en refermant la fenêtre !
Franchement Monsieur Poe, arrêtez de prendre vos lecteurs pour des cons. Merci.

La lettre volée
Je préfère autant ce récit-là. Plus digeste, moins improbable. Même si on sent encore le Poe revenir à la charge avec ses airs supérieurs, ca passe mieux.
Je me demande quand même ce qu'il peut bien avoir contre les esprits rationnels.

Le scarabée d'or
Voilà une nouvelle intéressante ! On ne se prend dans la face ni les manières pédantes de Poe, ni sa propension au mysticisme.
Une histoire de chasse qu trésor tout à fait valable, avec une parenthèse cryptographique pas trop lourde.
Ca se tient et on aimerait que ca soit plus souvent le cas.

Le canard au ballon
Alors celle-là je la trouve superbement kitsch. Parce que cette nouvelle se veut être futuriste, mais sa vocation est contrariée par la vision du futur que l'auteur avait à son époque. Elle est autant kitsch que le seront StarWars ou StarTrek dans un siècle ou deux. Alors on peut rester indulgent sur cette nouvelle qui devait être passionante à l'époque où Poe l'a écrite.
C'est l'histoire, en deux mots, de la traversée de l'Atlantique en ballon en trois jours. C'est beau hein ? Quand on sait que maintenant il faut à peine 8h de vol sur un 747... Mais pour l'époque c'était un beau rêve.
Et je passe sur les improbables courants atmosphériques qui rendirent possible ce voyage (vous savez bien que si Lindberg fut le premier à traverser l'Atlantique en avion d'ouest en est, c'est parce que les vents sont dans ce sens).
Par contre le texte est passablement alourdi par le souci du détail inutile au possible de Poe. Il peut être parfois plus qu'assomant. C'est très dommage de se perdre ainsi dans des considérations techniques qui ennuient le lecteur et qui devaient avoir pour vocation de l'intéresser, ou du moins de justifier le fonctionnement d'un tel engin (le ballon).

Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall
Là aussi Poe trempe dans une espèce de science-fiction absolument insondable. Le texte raconte comment un homme de Rotterdam fait le trajet de la Terre à la Lune avec un ballon. C'est-y pas mignon. En tout cas c'est plus que naïf.
Personnellement j'ai trouvé ce texte déplaisant, et pour plusieures raisons.
Je ne suis pas contre un genre de science-fiction un peu absurde, où le possible et le palpable sont remplacés par quelque chose de plus poétique, comme dans l'oeuvre de Bradbury. Mais quand Poe veut "faire vrai" et que ca sonne horriblement faux, c'est autre chose.
Dans cette nouvelle on voit encore une fois la fascination de Poe pour la science. Et on voit aussi qu'il s'avance sur des concepts auxquels il ne comprend rien.
Une citation qui m'a fait bondir. A un moment il parle d'un "gaz [étant] [...] partie constituante de l'azote qui a été si longtemps regardé comme irréductible". Et qui en plus serait plus léger que l'hydrogène. Hérétique ! Falsificateur ! Il a été plus que démontré que l'azote est un élément fondamental ! Même à cette époque ! Et quoi qu'il en soit, quand on ne sait rien et n'y comprend rien ON FERME SA GUEULE ! C'est quand même pas compliqué ! Oui j'enrage. Des envies de vomir sur sa tombe tiens.
Et ce n'est qu'un exemple. Le concept [courant à l'époque] d'éther est repris pour diverses justifications complètement bancales.
Pour faire bon poids, Poe nous assome de détails qui, outre le fait qu'ils soient proprement incompréhensibles pour un lecteur non-anglo-saxon (oui les pieds, milles et gallons je connais pas moi), sont absolument inutiles autant qu'ils sont au moins autant improbables (je parle des altitudes d'élévation, des trucs comme ca) qu'ils veulent faire "vrai".
Alors voilà. J'ai l'impression que pour faire du remplissage, Poe nous noie dans une obscurité insondable et dans un mysticisme pseudo-scientifique.
Inutile de vous dire que j'ai été plus que décu.
Sinon l'anecdote des habitants de la Lune aurait pu [et j'y tiens] être intéressante si elle avait été développée ! Non, là Poe nous laisse sur notre faim. La seule chose qui pouvait être un tant soit peu intéressante dans ce récit a été suggéré et totalement occulté !
(et ca aurait pu être très intéressant, même si peu crédible, à la manière des martiens décrits par Bradbury)
Monsieur Poe vous m'avez plus que décu. Je vous hais tiens.

Manuscrit trouvé dans une bouteille
C'est l'histoire d'un type qui se retrouve un peu malgré lui sur une espèce de vaisseau fantôme, on ne sait pas exactement.
Voilà un récit digne d'intérêt ! Quand Poe narre une histoire qui s'ancre dans une époque palpable (en l'occurence la sienne), ca ne sonne plus faux quand ca veut sonner vrai. Même si le thème relève du fantastique. Là le souci du détail n'est plus ce lourd fardeau indigeste dont il peut faire preuve parfois [et souvent même].
Là je dis oui, et même bravo tiens, je suis pas rancunier. Parce que en plus, pour une fois, la fin n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe.

Une descente dans le Maelstrom
Même chose pour cette nouvelle. La vraisemblance et l'intérêt sont conservés car ils ne se veulent pas faussement futuristes et restent ancrés dans leur époque.

La vérité sur le cas de M.Valdemar
Premier texte qui traite du magnétisme. Alors là je me permets de vous mettre en garde. Rien à voir avec l'électromagnétisme. Maxwell c'est pour plus tard.
Non, là ce que Poe appelle magnétisme c'est en quelque sorte le fait d'imposer par sa volonté un état second à une personne, un état pas vraiment déterminé entre la vie et la mort.
Là encore une fois, Poe nous prive du meilleur, en prenant comme acquis et incontestable le concept de magnétisation et passant allègrement sur le modus operandi. Moi je suis un sceptique et très honnêtement son truc j'y crois pas une minute. Ca s'apparente à de l'hypnose ou quelque chose dans le style. Alors ce qu'il pourrait défendre de tout charlatanisme en prouvant par a+b la pertinence de ses propos, il le tient pour acquis. Il est comme ca Poe. Il aime pas a+b Poe. Et il vous emmerde, et moi avec, car honnêtement c'est du grand nawak.
Bref ca raconte une expérience de magnétisation sur un pauvre bonhomme à l'article de la mort. Non seulement cette nouvelle est macabre, en plus elle en devient écoeurante par les détails glauques que Poe nous assène comme ca, paf dans la figure. Berk.

Révélation magnétique
Là encore Poe nous raconte une expérience de magnétisme sur un autre pauvre type sur le point de caner. Faut croire qu'il aime ca le bougre.
Il joue néanmoins moins sur le registre du détail glauque, ce qui est pas mal en soi.
Par contre, il nous assomme d'une discussion métaphysique sur Dieu, l'âme, la matière dont on se serait bien passé, moi en tout cas.
Outre le fait qu'il s'appuie sur des concepts scientifiques ayant cours à l'époque mais totalement dépassés aujourd'hui, il s'avance là encore sur des considérations de "densité de la matière" absolument infâmes.
A mon grand regret toute l'intrigue ne repose que là-dessus, sur ce discours approximativement métaphysique que personnellement je trouve totalement hors de propos, et c'est dommage. On croirait que Poe veut, pour cacher le manque de substance de son texte, faire mourir d'ennui son lecteur histoire que ca passe plus facilement.
Car honnêtement, Monsieur Poe, vous n'êtes pas philosophe, ni théologien, alors faites ce que vous savez faire et lâchez-nous avec vos discours approximatifs et tout bonnement indigestes.

Les souvenirs de M.A.Bedloe
Encore du magnétisme. Monsieur Poe votre propension à cacher des détails inexplicables sous le voile d'une pratique pseudo-mystique comme on cache de la poussière sous un tapis est proprement à vomir. Passons.
A part ce détail, j'ai trouvé la nouvelle plutôt intéressante, malgré le fait que l'on soit privé d'une vraie fin.

Morella
Un conte ma foi fort sympatique. Pas d'erreurs grossières, de maladresses.
En plus la fin est pas mal.

Ligeia
Le conte dont Morella fut le brouillon. En gros c'est ca.
Et bah ca passe super bien. Cette histoire d'amour macabre (moi qui aime Noces Funèbres de Burton ca pouvait pas mieux tomber) se lit sans problème.
Evidemment Poe ne peut se défaire de sa manie du détail. Ca alourdit le récit, mais l'ensemble reste tout à fait correct.

Metzengerstein
Finalement Poe est meilleur conteur qu'autre chose.
Encore une nouvelle qui se lit bien. On n'est pas gêné par les manies habituelles de l'auteur, sûrement parce que l'action se situe dans une époque médiévale, et que donc sa propension au futurisme s'en trouve fortement confinée.
Le gros regret concernant ce texte est encore une fois sa fin abrupte. On aurait aimé en savoir plus, sur l'après-incendie, tout ca.


Résultat des courses : Je suis globalement décu par l'attitude navrante de Poe, aussi bien dans son orgueil que dans sa volonté de s'approprier des concepts dont il ne maîtrise ni tenants ni aboutissants. Dommage parce qu'il écrit plutôt bien.
Le bonnes surprises viennent des histoires qui le limitent par le thème dans cette volonté imbécile.
J'attends néanmoins d'avoir entre les mains le deuxième volume, qui contient les "plus grandes nouvelles" de Poe avec Le scarabée d'or, à savoir Ombre, Le puits et le pendule, La chute de la maison Usher.


La prochaine fois je vous parlerai soit de St Exupéry soit de Bukowski.
Par Polo - Publié dans : Lettres
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Vendredi 15 juin 2007 5 15 /06 /Juin /2007 15:12
Au passage j'en profite pour créer une nouvelle catégorie... genre je m'instruis je lis des bouquins tout ca...

C'est bien simple, je ne suis guère coutumier de la littérature, même si c'est pas l'envie qui manque. Or, si vous avez suivi, je suis actuellement allé me perdre en Finlande [où je me fais grave chier le week-end, c'est dit].
Bref pour tuer le temps et tromper l'ennui je me suis mis à la lecture. Cool non ?

Et en tombant sur une préface de Francoise Gerbot pour Lettre à un otage de St-Exupéry, je me suis rappelé avec nostalgie l'étonnement tout empreint de fausse naïveté de ma prof de francais de seconde, devant une classe composée de moins d'un quart de futurs littéraires [et ce n'est pas peu dire] : "Vous ne lisez jamais les préfaces ?". "Vous ne lisez jamais" aurait été plus pertinent pour une bonne part d'entre nous d'ailleurs.
D'ailleurs la préface de Lettre s'intitule plus exactement "Notice", ce que je trouve assez fendard quand on y réfléchit. Bah oui, pour moi une notice ca reste un mode d'emploi. "Alors pour lire ce livre, vous faites courir vos yeux sur les pages, de gauche à droite et de bas en haut et vous tournez les pages". Bref.

Alors déjà le texte n'est pas long (Lettre à un otage se lit en 40min environ [et je reste généreux] pour qui n'a pas subi d'ablation du cortex) (ou alors j'ai eu droit à des morceaux choisis, mais je ne pense pas), et la "Notice" [muahaha] le rallonge d'une bonne moitié. Mais peut-on raisonnablement parler d'une introduction à un bouquin quand on vous en fait une analyse ? Le plaisir de la lecture en fut presque gâché.

Le pire [pour l'instant] reste à mes yeux la préface des Histoires Extraordinaires d'Edgar Poe [sur lesquelles je reviendrais plus tard] et qui là s'intitule illégitimement "Introduction", rédigée par Michel Zéraffa. Alors, dois-je blâmer l'introducteur ou l'éditeur ? Parce que cette "Introduction" n'est pas forcément désagréable, mais il s'agit là plus d'une analyse de l'oeuvre de Poe et de sa resituation dans le contexte qu'une introduction.
Ce qui m'a profondément décu, c'est qu'on ose désigner comme Introduction [donc un texte censé être lu avant l'oeuvre] une telle amputation du plaisir de découvrir l'oeuvre telle qu'elle est. Et au passage le sacrifice de l'intrigue de Double assassinat dans la rue Morgue que certes beaucoup connaissent car cette nouvelle fut précurseur(e) dans le genre du polar est à mon sens monstrueux.
Un peu comme quand vous n'avez pas vu tel film, et que sous prétexte que beaucoup de gens l'ont vu, on vous en raconte toutes les ficelles juste avant que vous ayez inséré votre dévédé dans votre lecteur, prêt à combler ce manque culturel.

Bref j'enrage. En plus j'ai été décu par Murders in the Rue Morgue. Je préfère la chanson que Steve Harris en a faite (éponyme, de Iron Maiden, 1981).

Et les postfaces c'est pour les chiens ? [c'est dit ^^]
Par Polo - Publié dans : Lettres
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Calendes rayées

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